Demain, mon médecin sera-t-il un robot ?

Rosa MedtechDébut février, le groupe SOS réunissait Bertin Nahum, fondateur de Medtech et Mélanie Marcel, co-fondatrice de SoScience, pour une Up conférence consacrée au futur de la médecine. Au programme de cette rencontre : « mon médecin est un robot ? » : Santé Connectée vous propose de revenir sur l’événement.

Innover en santé

Bertin Nahum, patron d’une PME montpelliéraine d’assistance robotique à la chirurgie, était classé, en 2012, par le magazine scientifique Discovery Series, quatrième entrepreneur le plus révolutionnaire au monde, derrière Steve Jobs, Mark Zuckerberg et le réalisateur James Cameron. En cause ? Son invention, Rosa, un robot utilisé dans la chirurgie du cerveau, dans le traitement de l’épilepsie notamment.

L’entrepreneur, ingénieur de formation, n’a au départ rien à voir avec le monde médical et l’univers des blocs opératoires. Il invente en premier lieu la technologie Brigit, destinée à la pose de prothèse de genou, mais c’est avec Rosa qu’il connaît un succès immense. Sa société Medtech intervient depuis dans des hôpitaux du monde entier. Pour lui « mettre la technologie au service des patients » est une mission primordiale, et la plus belle qui soit. Avant d’ajouter « l’innovation dans un secteur provient souvent des outsiders. A l’image de Google dans la santé ! », Bertin Nahum va d’ailleurs plus loin ce soir-là en affirmant que « décloisonner dès les études les disciplines favoriserait sans aucun doute l’émergence d’innovateurs ».

« Technologies médicales : le premier prescripteur c’est le patient »

Pour Bertin Nahum, la télémédecine, la digitalisation des hôpitaux, les objets connectés… sont autant d’outils qui vont changer le visage de la santé. Ce à quoi on peut ajouter les technologies médicales à l’image du robot Rosa qui permet de mettre en place une chirurgie mini-invasive dans les opérations du cerveau, là où les interventions chirurgicales classiques étaient très lourdes voire impossible et remplacées par un traitement médical à vie.

Pour l’entrepreneur, il n’est pas question que le robot se substitue au médecin ; mais d’utiliser la machine pour guider sa main dans des opérations extrêmement délicates : « le rôle du robot est de réduire les aléas partout où ils sont, d’ajouter des sécurités ». Si pour le moment, Medtech développe des technologies médicales pour les chirurgies du cerveau et de la colonne vertébrale, Bertin Nahum n’exclue pas s’intéresser aux autres parties du corps dans le futur, les premiers prescripteurs en matière de technologies médicales, étant pour lui, les patients.

Une médecine à deux vitesses ?

Avant que ces technologies ne deviennent la norme, certaines barrières devront cependant être levées. À commencer par la formation des médecins : « vendre une machine n’est qu’un début, il faut ensuite former les chirurgiens » explique Bertin Nahum. Si ces derniers ne sont pas rétifs, il y a –comme dans le cas de l’adoption de toutes technologies – un temps de latence, certains médecins (les « early adopters » ou « innovators ») étant plus à l’aise que d’autres avec ces nouveaux outils.

L’autre barrière -de taille- concerne le prix de ces robots de pointe. Étant très élevé, il limite de fait l’usage et l’adoption de ces outils par les hôpitaux qui en assument pour le moment le coût.

Persuadé que la technologie peut favoriser l’accès à la santé et la qualité des soins, Bertin Nahum continue, quant à lui, de prêcher la bonne parole.

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Ce billet a été publié le 29 février 2016, dans La veille santé connectée et taggué , , , , , .

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